Le Vatican Codes secrets : une miscellanée ?
2/24/20253 min read


Le Vatican Codes secrets paru aux Alde …
Une miscellanée ? quelle idée !
Les Romains aimaient mélanger ; il n’est qu’à observer un bâtiment romain : il est symétrique … sans vraiment tout à fait l’être ! Quand les temples grecs présentent une symétrie absolue et corrigent, par des jeux de perspective, la moindre imperfection visuelle, les temples romains semblent l’œuvre d’un architecte malicieux, à l’instar des petits cupidons que l’on voit s’affairer à différents métiers sur les fresques pompéiennes, qui aurait, au dernier moment, décidé de mélanger un peu tous les styles. Mettre du désordre dans ces ordres trop stricts. En architecture, « l’ordre romain » n’est-il pas avant tout un mélange ?
Peut-être est-ce naturel, quand on est soi-même un mélange : mélange de colons grecs et de peuples du Latium ; mélange de culture italique et de lettres hellènes, de mots sabins et de rites étrusques, de dieux venus d’Orient et de cultes latins, Rome n’est, au fil des temps, que le creuset d’un mélange incessant, d’adoptions, de sélections, d’accueils, d’acclimatations.
Dans leurs premières littératures, le mélange est en bonne place : il a pour nom « satire », satura en latin. C’est un plat, à l’origine, un mélange de légumes ou de fruits, peut-être aussi une farce, on ne sait pas très bien. En tout cas, on en sort rassasié, saturé, tant il est riche et abondant. En littérature, la satire est un mélange de divers textes, divers tons pour rire, se plaindre, raconter, provoquer, instruire pourquoi pas. On goûte à ces textes, de Phèdre, de Juvénal, de Macrobe, avec ses Saturnales, sans se lasser tellement les tons en sont variés, les styles légers, les sujets éclectiques.
Parfois l’on sent qu’un sens nous échappe, qu’un mystère demeure derrière ces œuvres si disparates qu’elles en sont foisonnantes et polysémiques. Ainsi de cette satire éblouissante qu’est le Satyricon de Pétrone, ou Satiricon, on ne sait pas au juste : est-ce une histoire de satyre ou de mélanges ? nous parle-t-on de philosophie ou nous sert-on des salades ? Le sens reste ouvert, à la manière des satura …
Foin de sommes et de grandes questions, les mélanges romains veulent rester légers et musarder d’un sujet à l’autre sans viser à l’exhaustivité. Bien sûr, les Romains ne sont pas les premiers à avoir apprécié ce style qui n’est pas né uniquement au bord du Tibre. Déjà les Grecs se livraient à la collecte de mirabilia. Mais les Romains ont poussé loin ce genre. Aulu-Gelle s’amuse à noter dans ses lectures tout ce qui lui semble digne d’intérêt et rassemble ses notes dans les Nuits attiques. Il suit là la tradition des exempla, très utilisés en rhétorique. Pourquoi fait-il cela ? pour s’amuser, pour ses enfants, pour s’en souvenir aussi. Une petite différence avec la satura cependant ; celle-ci est toute entière l’œuvre d’un auteur, quand Aulu-Gelle emprunte à d’autres. Il fallait un nouveau nom : la miscellanée.
La miscellanée avance sans ordre, sans vision organisatrice, sans vue totalisante. Elle s’éloigne de l’encyclopédie, de l’anthologie, au profit de la promenade. On est revenu sur les bords du fleuve étrusque, on furète parmi les étales et les bancarelle. Et si on lève un peu les yeux, si l’on regarde juste de l’autre côté, voilà qu’apparaît un lieu tout aussi mélangé : un morceau de Rome sur une colline étrusque ; un musée dans un temple ; une nécropole sous un jardin ; une bibliothèque autour d’une place noire de monde … inventaire surréaliste ? Non, juste le Vatican. Une miscellanée en soi.
On aimerait y entrer, juste regarder un peu, y flâner, poser quelques questions. On cherche sur l’étal, il nous faudrait une sorte de guide, pas trop dense, mais complet tout de même, en tout cas bien informé ; quelque chose d’original, sans poncifs, un peu d’inédit pour aborder ces lieux. Des lieux … communs dites-vous ? Non, pas si connus, pas si attendus… « J’ai une centurie si vous voulez ». « Une centurie ? ». Oui, une miscellanée en cent chapitres, une sorte de macédoine pour dire autrement …
Le Vatican Codes secrets donc : en cent questions, Hervé Yannou qui, Vaticaniste, a passé plusieurs années à arpenter ces lieux, mesurer les salles et les couloirs, prendre la mesure de l’atmosphère, observer les papes, les codes, les habitudes, nous livre cent réponses inédites pour voir ou revoir ces lieux. Presque une enquête ! Une miscellanée dans la pure tradition romaine et vaticane ; car le Vatican n’est jamais très loin de la vieille colline étrusco-romaine … Très bonne lecture !
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